De bien intéressantes personnes : Person of interest Saison 4

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Faut reconnaître, des séries avec un gars qui cherche un autre gars qui a fait du mal au premier gars de la première scène, mais si, le gars qui courrait entre les gros containers de poubelles dans la ruelle sombre même que c’est là qu’on l’a retrouvé, le gars, mais mort, bref des séries dans ce genre, il y en a pléthore. Des fois, le gars, c’est une fille. Et c’est un flic. Ou un détective privé. Ou un procureur. Ou un médecin légiste. Ou un ancien flic qui est détective privé pour le procureur qui est le mari de la médecin légiste. Bref, vous voyez le genre.

Alors pourquoi parler sur F&M de Person of interest, surtout que c’est l’entame de la 4e saison ? Pour trois raisons majeures. La première, c’est parce que c’est une excellente série, plus atypique qu’on ne peut le croire au premier abord. La deuxième, c’est Jonathan Nolan et JJ Abrams. Et la troisième et non la moindre, c’est que c’est ma chronique et que je fais ce que je veux, non mais, des fois !

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Donc, pour ne pas gâcher la surprise à ceux qui ne connaîtraient pas le concept, je vais rester allusif sur les points précis, mais en essayant de souligner les qualités intrinsèques de l’objet. La première d’entre elles, ses personnages principaux. Comme dans toutes les fictions du genre, ce sont d’abord des archétypes, John, le beau brun balèze ancien des opérations spéciales, Finch, le surdoué milliardaire limite autiste Asperger, Sameen, l’espionne pas du tout girly – mais sexy quand même – la plus badass de sa génération, Root, la charmante psychopathe meurtrière et Fusco, le flic pourri mais finalement pas tant que ça. Seulement, s’ils sont ça, ils sont bien plus que ça ! Outre les comédiens qui font largement le boulot, c’est d’un point de vue de leur évolution au cours des saisons que l’on voit le niveau de qualité de l’ensemble. Ce qui paraissait évident au début ne l’est plus tant et des surprises prennent le spectateur par surprise, ce qui est bien le moins… Par exemple, au début de cette nouvelle saison, tout ne démarre pas sur les chapeaux de roues. Contrairement à ce que pourrait laisser attendre le type de série “enquête-action”, comme nos héros sont obligés de faire profil bas, le scénariste les contient à des actions simples, sans trop d’accrocs, les obligeant à contourner les règles du genre – et de la Loi, mais c’est un détail – pour conserver l’anonymat nécessaire. Les fonds illimités de Finch sont inaccessibles et la surveillance est constante. Ce qui est le deuxième bonus de PoI.

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Comme dans X-Files – que je détestais – et Homeland – que j’adore -, la série joue sur les codes de la paranoïa et du complot. Mais là, c’est différent et plus malin, selon moi. Car les adversaires des personnages ne sont, globalement, pas d’infâmes criminels qui veulent diriger le Monde ou s’emparer des joyaux de la Couronne ou piquer sa carte à Dora l’Exploratrice – saleté de Chipeur !- mais des individus ou des organisations qui veulent également le bien des gens. Et c’est parfaitement subtil. Parce que la série nous interroge non pas sur les notions de Bien et de Mal, questionnement classique, mais sur la problématique de la fin et des moyens, de la surveillance et de la liberté, bref, des sujets plus qu’actuels. Ce qui n’empêche pas les gros flingues et les grands mawashi-geri en pleine face, faut pas exagérer non plus, on n’est pas chez Joséphine, ange-gardien.

Non, on n’y est pas, parce qu’on est chez Jonathan Nolan et JJ Abrams. Pour le second, producteur exécutif de la série, pas la peine de faire le panégyrique Alias, Lost, Fringe pour la télé, Cloverfield, Star trek et Star trek : Into darkness, Mission Impossible 3, 4 et 5 et bien sûr, Star Wars VII. Bref du lourd, du costaud, du bien fait. Même si tout n’est pas une réussite chez lui – j’ai quelques bémols sur les deux dernières saisons de Fringe -, reconnaissons que le garçon sait faire et bien faire. Quant à Nolan, Jonathan de son prénom, créateur, show-runner et producteur exécutif aussi de PoI, il n’est rien de moins que le frère de Christopher, et scénariste pour lui de Memento, Batman the Dark Knight, Batman the Dark Knight rises et Interstellar, ce qui n’est franchement pas négligeable. Alors quand ces deux là s’y mettent, ça donne une construction en abîme, des scénarios qui évoluent de la gentille série “enquête-action” à la série de surveillance globale, avec des personnages suffisamment rugueux pour qu’on s’y accroche – dont un traitement particulièrement soigné pour les seconds rôles récurrents -, quelques effets malins d’un point de vue de la réalisation, des combats qui ne tournent pas à la chorégraphie hongkongaise mais qui tiennent debout (si j’ose dire) bref de la belle ouvrage. Mais je ne veux pas en dire plus pour ne pas en dire trop. Sauf pour vous signaler que l’épisode n°11 de la quatrième saison est classé troisième – sur 4 400 épisodes de séries diverses et variées et derrière deux épisodes de Breaking bad – dans le “Highest Rated TV Episodes With At Least 1,000 Votes” sur imdb.com et que la série compte encore 4 autres nominations dans le top 20 de ce classement des téléspectateurs !

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Donc, si vous connaissez, je n’ai rien à vous apprendre, continuez à suivre. Et si vous ne connaissez pas, précipitez-vous chez votre revendeur favori pour vous procurer les trois premières saisons et raccrochez les wagons sur la quatrième, les choses vont empirer !

Person of interest, diffusé sur TF1 le mardi soir, deux épisodes inédits à partir de 20h50

Texte Naqdimon Weil

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