le vendredi c’est ciné : 167 minutes et moi.

On peut en faire des choses, en 2h47. On peut regarder 2, 87 épisodes de Sur écoute (The wire), la meilleure série du Monde. On peut interpréter un petit peu moins de 4 fois la symphonie n° 6, dite La Pastorale, de Beethoven. On peut faire cuire 33 œufs mollets parfaitement réussis. On peut courir 1046 fois le 100 mètres à la vitesse d’Usain Bolt. Ou alors, on peut aller voir le dernier Quentin Tarantino, Les 8 Salopards.

Du moins, on peut quand on en a le courage. Tenez, moi, par exemple, dimanche dernier, je voulais emmener ma moustache voir ce film. Car telle est la mission sacrée que m’a confié notre vénéré Rédac’Chef, Jack Moustaches himself. “Tu vas parler des séries et des films, mais seulement de ceux que tu aimes, on n’est pas à Télérama, ici !”. C’est vrai, quoi, mieux vaut aider l’internaute à ne pas perdre son temps précieux et son argent durement gagné à la sueur de son front – ou à ceux de ses parents, suivant son âge – que de se faire plaisir tout seul en disant tout le mal qu’on pense d’une bouse quelconque. Et donc, amateur de Tarantino depuis des lustres, j’allais vers mon destin et la salle de cinéma, quand j’ai vu la durée du film sur le panneau des horaires.

2H47.

Alors, je ne voudrais pas jouer au vieillard cacochyme et rabat-joie que je suis au naturel, mais là, je dis pouce, stop, du calme, on se détend. Le cinéma, c’est comme un bon gâteau, c’est du bonheur et du plaisir. Mais moi, la Forêt-Noire avec la crème chantilly, ça m’étouffe. Et les films qui explosent le chronomètre, ça me fait pile-poil le même effet. Je sais bien que plus c’est long plus c’est bon. Sauf que ça dépend avec qui, d’abord et puis, à mon âge, on n’a plus les performances d’autrefois. Je parle de films, là, hein, n’y voyez pas de salaces allusions – ne mentez pas, vous y avez pensé ! – que me reprocherait mon vénéré Rédac’Chef. Donc, je suis rentré chez moi. En me disant qu’il doit tout de même être possible de raconter une bonne histoire, développée et tout et tout en moins de 167 minutes et que sinon, on va finir par rentrer dans les salles obscures après le déjeuner pour n’en sortir que pour l’apéro. Et encore, ça pourrait être le début d’une trilogie. Donc, Messieurs les réalisateurs, s’il vous plaît, vous ne pourriez pas les faire un peu plus courts, vos films ?

Bon, j’arrête là mes jérémiades ronchonnes, et, promis, la semaine prochaine, je vous parle d’un film que j’ai vraiment vu. Au cinéma.

Il paraît qu’on diffuse un film ouzbek d’une durée de 9 heures.

PS sans rapport avec ce qui précède : l’excellent Karim Debbache, à qui on doit la web-série critique Crossed sur Youtube et Dailymotion, revient avec un nouveau format Chroma, uniquement sur le deuxième site pour le moment. Il ne se contente plus de parler de films en rapport avec l’univers du jeu vidéo mais étend son analyse à d’autres sujets cinématographiques. C’est toujours aussi bien écrit, avec du punch et de l’humour, et même quand il n’aime pas un film, il en parle avec subtilité. Le 1er épisode sur Troll 2 est un parfait exemple de son travail. À consommer sans modération !

Texte Naqdimon Weil

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