Le nez dans l’écran : Sex and drugs and rock’n’roll !

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Non, ami lecteur, si je cite cet hymne rock’n’roll du génial et trop méconnu Ian Dury, ce n’est pas pour faire défaillir quelques rombières décaties qui se signent en passant devant une affiche du Hellfest – quoique l’idée ne serait pas pour me déplaire – mais bien plutôt pour évoquer ici la nouvelle série issue de la collaboration de Martin Scorsese, Terence Winter – scénariste des Sopranos, excusez du peu – et de Sir Mike Jagger himself. Vinyl, c’était un serpent de mer dans le milieu des fans de rock, espéré depuis longtemps dans les tuyaux mais jamais lancé. Voilà, maintenant, c’est fait, et pour le moment, le navire a l’air de prendre le bon cap.

En résumé et sans rien déflorer de trop essentiel, l’histoire tourne autour de Richie Finestra, dénicheur de talents, fondateur et patron d’American Century Records, en passe de se vendre à PolyGram. Seulement, comme toujours, cela serait trop simple. Donc Richie, incarné par un Bobby Cannavale, aperçu ça et là dans New York Police Judiciaire (et séries annexes) ou Boarwalk Empire, qui s’est fait un look de Travolta dans Saturday night fever, hésite, se souvient de ses débuts, de ses coups de génie, de ses trahisons, s’engueule avec Jimmy Page dans les coulisses, assiste à un concert des New York Dolls alors que la salle s’écroule s’écroule sur lui, s’en met plein le nez malgré la colère de sa femme DevonOlivia Wilde, la très jolie N°13 de Docteur House – et ainsi de suite. À grands renforts de flash-back, Scorsese actionne la machine à remonter le temps du rock’n’roll, de l’époque du doo-wap à celle du rock progressif. C’est costaud, c’est nerveux, c’est inventif. C’est même tellement inventif que c’en devient même un peu trop fouillis pour qu’on s’y retrouve, beaucoup de pistes sont ouvertes et il y a une flopée de personnages qui interviennent selon les époques. Mais laissons venir, on verra bien.

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J’espère surtout que la série va garder la nervosité rock’n’roll qu’a su lui insuffler le réalisateur des Affranchis et du Loup de Wall Street. Car s’il a magnifiquement dirigé le pilote, d’autres que lui vont se succéder pour les sept suivants. Ayant regardé le fameux pilote et le deuxième opus, je reste un peu sur ma faim, d’un point de vue de la réalisation. Même si le scénario s’étoffe et si on commence à distinguer les pistes – ce qui est logique pour un vinyle -, on sent moins le rythme. Bah, gageons que les choses ne vont pas en rester là. Et puis, au pire, il y a la bande son. Alors là, quand, comme moi, on est né dans le milieu des années 60 et qu’on a grandi avec les Beatles, poussé avec les Stones et Led Zep et qu’on s’est passionné pour Clash, il y a tout ce qu’il faut dans cette série. Même du Velvet Underground, d’improbables groupes proto-punks, et même un soupçon d’éveil du rap, c’est dire si le panel est large. Et aussi du sexe. Et également de la coke, des joints et plein d’autres substances de même tabac – si j’ose dire -, bref toute la quincaillerie est là.

Alors, envoyez votre grand-mère au lit, aller border votre petit frère, et laissez-vous emporter par la vague du rock !

Moi, pendant ce temps-là, je vais aller me réécouter le vieux Ian Dury en fumant un cigare avec Jack Moustache, histoire d’améliorer ma note trimestrielle et d’éviter les dents d’Aston et Martin.

Vinyl, série en huit épisodes de Martin Scorsese, Mike Jagger et Terence Winter, sur OCS City, tous les lundis soir à partir du 15 février 2016

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