Le nez dans l’écran : Un coup d’œil de côté (les talks US)

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Je dois bien vous l’avouer, cette semaine a été chargée par un surcroit de travail inattendu – mais bienvenu – et par la survenue d’un rhume de fort bonne facture, totalement attendu – mais nettement moins bienvenu -. Bref, mes nuits et mes journées ont quelque peu eu tendance à se confondre ces quelques derniers jours et je me voyais mal vous entreprendre sur la troisième saison du réjouissant Black Sails sur OCS avec la fougue et la verve (non, ne cherchez pas, il n’y a pas de contrepèterie. Je sais, j’ai essayé) nécessaire à vous donner envie de vous déguiser en Barbe-Rousse et de crier “Yoho, et une bouteille de rhum !” en traversant le salon accroché d’une main à la suspension héritée de Tante Marthe – celle qui avait une passion pour les lustres vénitiens-. Non, vraiment, pas en forme pour ça.
 
Bref, j’en étais là de mes réflexions et je m’apprêtais à passer sous les fourches caudines de Jack Stou, notre vénéré Rédac’Chef, une séance en tant que sparring-partner pour l’entraînement de Gunthar au free fight, quand j’ai soudain pensé qu’au cours de ces nuits où je tentais de respirer dans le bon ordre entre deux quintes de toux et une rafale d’éternuements, j’avais visionné pas mal de choses sur YouTube. Dont toute une série d’extraits de talk shows américains. En règle générale, je ne suis pas très friand de ce genre d’exercice obligé, l’artiste vient dire tout le bien qu’il faut penser de sa dernière œuvre devant un animateur qui justement en dit, du bien. Ou alors, il y a un clash entre l’invité et un chroniqueur, ça fait le buzz et tout ça finit par couler au fil de l’eau. Sauf qu’à la télévision étasunienne, la notion de rythme est là et pas qu’un peu. Les artistes n’ont pas le temps de se mettre en valeur et surtout, ils sont là pour jouer le jeu. Et puis, le sens du gag, nom de Dieu. Quand je parle de gag, je ne veux pas souligner les jeux de mots où les vannes, non, je parle de séquences complètes, délirantes – comme Han Solo/Harrison Ford et Chewbacca réglant leur problème de couple en public chez Jimmy Kimmel, une version démentielle de Rapper’s delight réalisée avec des extraits de journal télévisé pour l’émission de Jimmy Fallon, ou encore Obama, oui, oui, le Président himself ordonnant au général Ray Odierno, patron des forces “alliées” en Irak de raser le crâne de l’animateur Stephen Colbert en public ! – et surtout parfaitement millimétrées.

  
Le plus impressionnant là-dedans est la récurrence des gags. Dans l’émission de Jimmy Kimmel, l’animateur avait l’habitude de faire au quotidien une vanne finale sur Matt Damon, disant qu’il l’aurait bien accueilli, mais qu’il n’avait pas le temps. Ce gag s’est développé, est devenu énorme, rebondissant toujours plus loin – avec la complicité du comédien – impliquant la petite amie du présentateur, Sarah Silverman, l’équivalent américain de Florence Foresti, mais aussi Ben Affleck, Brad Pitt, Nicole Kidman, Josh Groban, Sheryl Crow et des tas d’autres, bref, le tout-Hollywood et le tout-Broadway ! Je vous recommande – si vous maîtrisez l’anglais – de chercher cette série, vous m’en direz des nouvelles (il faut aller au moins jusqu’à Jimmy Kimmel sucks).
Et si, un jour, les talk shows à la française se mettent à ressembler ne serait-ce qu’à 10% de ça, moi, je veux bien me mettre à les regarder !
 
Jimmy Kimmel live !, The Tonight Show Starring Jimmy Fallon, The Late Show with Stephen Colbert, Last Week Tonight with John Oliver sur YouTube

  
Texte N Weil 

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