Ecoute : Johnny Hallyday, MON PAYS C’EST L’AMOUR

C’est l’événement musical de l’année 2018. Un album qui dépasse le contexte musical pour un artiste qu’on aime ou qu’on déteste, mais qui depuis plus de 60 ans ne laisse personne indifférent. Johnny est mort mais il est toujours là.

Il est minuit le 19 octobre, et Niko écoute pour vous le dernier album de Johnny Hallyday. Lecture.

L’album commence sur un magnifique “J’en parlerai au diable” dont les paroles résonnent forcément avec l’actualité judiciaro-closer de la famille Hallyday qui n’en a jamais été une. D’entrée de jeu la voix du taulier est profonde comme un ravin, chaude comme un incendie de forêt californien et haute comme un jet privé au dessus de l’atlantique. Au bout de 20 secondes, je me dis que c’est pas là dessus qu’on l’attaquera. Au passage, ça fait du bien d’entendre une vraie voix, dans un vrai micro, à une époque où l’épidémie d’autotune semble avoir infecté l’ensemble de ce qui subsiste de l’industrie musicale. Ce premier titre est une vraie réussite, mais je ne suis pas con, je sais qu’on met toujours le meilleur titre au début pour convaincre les gens dans les Super U qui n’écoutent que le début de poser l’objet dans le caddie. Non, Laetitia tu ne m’auras pas comme ça.

Dès le deuxième titre, on repart dans ce que Johnny aimait et maîtrisait le plus, à savoir ce bon vieux rock’n roll old school. Le titre est nié “Mon pays c’est l’amour”, mais ce ptit rock tient la route. C’est à ce moment là que je me suis levé pour chercher dans le placard mon tee shirt avec une tête de mort. Je remet la main dessus pile poil au moment où sonnent les premières notes de “Made in rock’n roll”. C’est enlevé, bien habillé par des arrangements de haut niveau, et la voix du taulier vient de crever le plafond. Ce qui frappe le plus c’est la justesse des paroles, avec le prophétique : “l’argent s’épuisera bien avant moi”.

Alors que je suis en train de me demander où sont mes bottes de cuir mexicaines, le 4ème titre “Pardonne moi” me fout les pwals. Probablement la plus belle du disque. Même si je vais surement changer d’avis 3 fois d’ici demain. Johnny chante “si je tombe dis moi ce que j’aurais pu faire de mieux ?” Ce à quoi j’ai envie de lui répondre : “ton testament peut-être”.

Bordel il est où mon Perfecto avec la tête de mort immense dans le dos ? Je vais avoir le temps de répondre à cette question pendant la 5ème chanson, la bien nommée “interlude”. Aussi belle qu’inutile, cette petite entracte va me permettre de remettre la main sur cet élément indispensable de ma garde robe. A part ça, j’ai toujours pas compris le principe d’une chanson de Johnny sans la voix de Johnny. Bref, vu la moyenne d’âge de certains fans, cette petite pause permettra de sécher les larmes sur les joues où d’aller pisser pour soulager cette prostate.

J’enchaine sur le titre “4m2” où Johnny imagine peut-être déjà la taille de sa dernière maison avant de zapper sur “Back in LA” chanson aux accents Stoniens qui se démarque un peu du reste. Dans la 8ème chanson du disque dont j’ai oublié le nom, il est question d’amérique et de motos. L’occasion de voyager à pas cher, la voix du taulier est magnifique. Ça je l’ai déjà dit mais c’est vrai, et surtout la chanson tient vraiment la route. L’occasion pour Johnny de faire rimer Kodachrome et mobil home sur fond de bannière étoilée, de désert américain et d’Harley Davidson qu’on devine roulant dans la poussière. Bon, ok je m’enflamme.

L’enfant du siècle” s’interroge et demande “que restera t’il?” Il reste deux chansons justement qui ne sont pas les plus inintéressantes de l’opus. Les paroles de “Tomber encore” et “Je ne suis qu’un homme” collent au personnage comme jamais. Ça se termine sur des violons, comme ça a commencé il y a environ 65 ans, le jour où Johnny a échangé cet instrument contre une guitare. Avant de se faire défoncer par sa tante en rentrant à la maison. Aujourd’hui c’est les records de vente que Johnny va défoncer, ce qui n’est que justice. C’est beau, c’est carré, c’est du Johnny pur souche, la voix est là comme jamais, les guitares sont incroyables, tout le monde est bon, les violons joués au doigt sont présents juste comme il faut, les textes ne sont pas tous égaux mais collent tous au personnage. On y trouve d’ailleurs pas mal de réponses aux affaires en cours, comme quoi Johnny avait peut-être encore des choses à dire. En tous cas c’est pas l’album crépusculaire que certains attendaient. On a jamais l’impression que c’est le dernier disque du taulier. C’est tout à fait le genre de disque du mec qui va partir en tournée dans deux mois. Bref, c’est bien, ils ont pas tué Johnny une seconde fois.

800 000 exemplaires ont été mis en place dans les rayons des magasins, dont certains dans les supermarchés Simply Market ou Attac qui ne vendent jamais de CD. Sur la première journée 300 000 exemplaires ont été achetés. Démerdez vous avec ça.

https://www.youtube.com/watch?v=CobeBZNlR8E

 

Par Niko, chanteur, blogger et spécialiste de Johnny Hallyday. Son dernier album “Un singe en hiver” est toujours disponible dans les bacs ou sur Internet.

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